La venue des parents de Thérèse dans notre paroisse

 

 

La petite Thérèse,

une longue histoire d’amour

Arrivé sur la paroisse Sainte-Thérèse à METZ, il y a près de 40 ans, comme jeune prêtre, j’y suis revenu en 2004 comme curé. Je retrouvais donc la petite Thérèse qui m’avait accompagné dans mes premières expériences pastorales dans cette paroisse où l’on venait de partout : nous assurions alors sept messes dominicales (il en reste encore quatre aujourd’hui, et Sainte-Thérèse continue d’être la paroisse la plus fréquentée du diocèse). Ce qui m’a frappé, dès mon retour, c’est que le rayonnement spirituel thérésien voulu par le curé constructeur  de l’église, ouverte au culte en 1954, était resté intacte.

Tout au long de l’année, des amis de tout le diocèse nous adressent d’innombrables témoignages de prières exaucées. Un exemple parmi les derniers reçus : « A vous ma sainte bien aimée qui m’avez sauvée la vie deux fois, alors que j’avais 10 et 16 ans. A ce jour, j’ai 82 ans. Je viens vous confier la santé de mon mari âgé de 83 ans. Nous totalisons 61 années de mariage et nous nous aimons toujours autant, si ce n’est plus encore que ce 28 octobre 1950, unis par monsieur le curé dans la petite chapelle de sainte Thérèse. Jamais vous ne m’avez abandonnée et je vous prie tous les jours. Protégez, s’il vous plaît, nos deux enfants. Merci, merci ma sainte bien aimée. »

En 1950, la nouvelle église n’était pas encore terminée. A l’emplacement de la chapelle provisoire se trouve aujourd’hui une crèche halte-garderie appelée « Les Buissonnets » !

Plus nombreux encore sont ceux qui nous confient leurs intentions de prière. Beaucoup nous demandent de prier pour des couples en difficulté, des parents qui ne voient plus leurs enfants, des enfants malades, des petits-enfants non baptisés, des enfants qui ont perdu la foi, un enfant en prison … En lisant toutes ces demandes, je me disais : « Qui, mieux qu’un père ou une mère, peut comprendre ces cris de souffrance ? » D’où mon désir d’inviter les époux MARTIN dans la paroisse.

 

 

 

Les époux MARTIN à METZ

Après avoir reçu quatre fois Thérèse (en 1946 – 1954 – 1996 et 2007), la paroisse a donc accueilli ses parents du 25 au 28 novembre 2011.

Autre raison pastorale à l’accueil des époux MARTIN : offrir un temps de grâce aux nombreux jeunes couples présents et engagés sur la paroisse et permettre à leurs enfants  de prier pour que leurs parents deviennent « une terre sainte » selon la belle expression de Thérèse : « Le bon Dieu m’a fait naître en une terre sainte. »

Au-delà de leurs restes humains, c’est Louis et Zélie en personne que nous avons accueillis, honorés, vénérés, implorés … Nous avons touché leur châsse, mais ce sont eux qui nous ont touchés. Pendant quelques jours, nous avons eu un lien terrestre avec un couple qui, au ciel,  intercède pour nous. Nous avons trouvé dans leur vie une réponse aux attaques souvent violentes que subit la famille aujourd’hui.

L’événement s’est organisé autour des aspects importants de la vie des MARTIN et de Thérèse : prière des enfants pour leurs parents, prière des mères, prière des parents de prêtres, religieux et consacrés, prière pour les malades et tous ceux qui souffrent, prière (et danses) pour les missions avec un groupe d’Africains … trois nuits d’adoration eucharistique (si chère au cœur de Louis MARTIN) …A travers deux conférences, un jeune père de famille nous a mieux fait connaître la vie des MARTIN, « une famille ordinaire » – « une famille extraordinaire ». Notre évêque, Mgr Pierre RAFFIN, a présidé la messe dominicale et nous a parlé de la famille chrétienne aujourd’hui. Plus de 60 heures non-stop, jour et nuit, auprès de Louis et Zélie MARTIN. Plus d’un millier de prières déposées auprès de leurs reliques.

 

Les retombées pastorales

 

Tous ont apprécié les belles et ferventes célébrations. Dieu seul voit dans le secret des cœurs, mais je peux dire que des miracles intérieurs se sont produits : beaucoup ont reçu la grâce du pardon dans le sacrement de réconciliation, quelques uns ont reçu la grâce d’une guérison intérieure de blessures parfois anciennes. Une maman qui a perdu un bébé, il y a une vingtaine d’années, témoigne : « La prière auprès de Louis et Zélie MARTIN qui ont perdu quatre enfants m’a apaisée, libérée et réconciliée avec Dieu. » Depuis, elle nous rejoint régulièrement à l’Eucharistie le dimanche.

Dans les semaines qui ont suivi, nous avons proposé un cycle de conférences autour du thème : « Le couple en question – Peut-on encore faire bon ménage ? ». Sont intervenus deux philosophes (dont l’un est engagé dans la paroisse) et deux prêtres, l’un docteur en théologie morale et l’autre en théologie et anthropologie,  au cours de trois soirées :

1.     « Se dire oui : l’aventure amoureuse »

2.     « Découvrir le sens du mariage chrétien à partir de la liturgie »

3.     « Le mariage au risque de la théorie du genre »

 

Nos projets

Dans les mois qui viennent, dédier une de nos chapelles aux époux MARTIN. Le recteur de Lisieux, Mgr LAGOUTTE, nous a confié un merveilleux reliquaire des bienheureux. Il nous reste à aménager la chapelle pour l’exposer dignement et permettre aux familles de venir s’y recueillir. Notre église deviendra ainsi un peu celle de la famille MARTIN. Thérèse y a déjà sa chapelle avec son reliquaire. Et puis ses deux sœurs, Marie-Céline (sœur Geneviève de la sainte Face) et Marie-Pauline (soeur Agnès de Jésus) avaient suivi avec « grand intérêt » la construction de notre église. Dans une lettre, datée du 8 décembre 1950, adressée au curé de la paroisse, elles « l’assurent de leurs instantes prières auprès de leur sainte petite soeur pour l’achèvement de la splendide église élevée en son honneur. » Elles terminent la lettre en demandant à leur glorieuse sœur de « répondre par une pluie de roses à la générosité des donateurs et au zèle du curé constructeur ». Le curé constructeur s’appelait Fernand MARTIN !

 

Cette pluie de roses n’a jamais fait défaut à notre paroisse, encore moins depuis l’ouverture, il y a cinq ans, d’une chapelle de l’Adoration Perpétuelle. Depuis avril 2007, des hommes et des femmes, jeunes et moins jeunes, se relaient d’heure en heure, jour et nuit, pour adorer Jésus présent dans l’Eucharistie. Un groupe d’une cinquantaine d’enfants, entre 3 et 10 ans, se retrouve une fois par mois, depuis quatre ans, pour un temps d’adoration.

Une adoratrice témoigne : « Dès que je suis venue adorer, Jésus a opéré en moi une suite de guérisons. Il m’a fait me poser tout près de lui, pour le contempler dans son amour donné sur la croix, et progressivement mon inquiétude face aux situations de détresse autour de moi, s’est transformée. Il est venu s’engouffrer dans chacun des cœurs que je lui confiais en m’assurant de sa présence à leur côté. Il est venu transfigurer mes peurs ; il m’a ouvert un chemin nouveau et m’a aidé à apprivoiser les personnes dans leurs différences. »

Depuis l’ouverture de notre chapelle de l’Adoration, sept adultes ont reçu le baptême, des adultes ont reçu le sacrement de la Confirmation, cinq Parcours Alpha ont été proposés avec succès …

Que de grâces reçues !

MAGNIFICAT ! Oui, le Seigneur fait pour nous des merveilles !

Article publié dans la revue Thérèse de Lisieux

                                                                            P. Jean-Claude LANGE, curé

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 Homélie de la  messe d’accueil des reliques des bienheureux Louis et Zélie MARTIN

 

Les bienheureux :

Louis et Zélie MARTIN

 

 

 

« A  cause de vous, je remercie Dieu, à tout instant, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu     toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s’est implanté solidement parmi vous ».

Ce message qu’adresse l’apôtre Paul, vers l’an 56, aux chrétiens de Corinthe et que nous transmet la deuxième lecture de ce dimanche, nous pourrions fort bien l’adresser à Louis et Zélie Martin dont nous accueillons aujourd’hui les reliques.

Qui étaient-ils ?

Louis MARTIN

Louis naît le 22 août 1823 à Bordeaux. Dernier d’une famille de trois filles et deux garçons, il est élevé au hasard des garnisons de son père, militaire de carrière, et il en hérite un goût certain pour les voyages. Après ses études, Louis apprend le métier d’horloger. Vers 22 ans, attiré par la vie religieuse, il demande à entrer chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard en Suisse, mais sa candidature est refusée car il ne sait pas le latin. Il séjourne alors trois ans à Paris, puis s’installe à Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d’horlogerie-bijouterie.

Pendant huit années, il y mène une vie laborieuse, calme et méditative. Ses distractions consistent en de longues séances de pêche, quelques parties de chasse et les soirées avec ses amis au Cercle Catholique. Sa foi demeure vive, c’est un chrétien fervent qui va à la messe non seulement le dimanche, mais encore en semaine. Il pratique l’adoration du Saint Sacrement et fait des pèlerinages. A 34 ans, il est encore célibataire, au grand désespoir de sa mère. En 1858, l’année des apparitions de Lourdes, il fait la connaissance de Zélie Guérin, âgée de vingt-sept ans et ils se marient le 13 juillet 1858 en l’église N.-D. d’Alençon.

Zélie MARTIN

Zélie était originaire de l’Orne. Son père, ancien soldat de Napoléon, était gendarme à Saint-Denis-sur-Sarthon. Sa mère était une paysanne assez rude. Zélie avait une sœur aînée qui entrera plus tard chez les Visitandines du Mans et un frère de dix ans plus jeune. Zélie et sa sœur sont formées à Alençon au pensionnat des Sœurs des Sacrés-Cœurs de Picpus. Elles y reçoivent une éducation soignée, mais austère, et Zélie en gardera une tendance au scrupule, bien dans la spiritualité de l’époque. Elle ressent assez tôt un appel à la sainteté et elle songe à entrer chez les Filles de la Charité qui tenaient l’Hôtel-Dieu d’Alençon, mais la supérieure l’en dissuade. Déçue, elle devient dentellière et se révèle particulièrement douée pour la confection de dentelles au point d’Alençon, travail délicat et minutieux. En 1853, âgée seulement de vingt-deux ans, elle ouvre une boutique avec sa sœur qui la quittera bientôt pour la Visitation.Elle a vingt-sept ans quand elle épouse Louis Martin.

 Mariage

Au début de leur mariage, ils décident d’abord de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle, mais leur confesseur les en dissuade et, entre 1859 et 1873, les accouchements se succèdent : Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons. Hélas, la mortalité infantile demeure très élevée à cette époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge dont les deux garçons.

Malgré ces deuils, malgré un cancer du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son entreprise. Celle-ci est prospère et emploie jusqu’à une vingtaine d’ouvrières. A force de labeur et d’épargne, les époux Martin acquièrent une grande aisance financière. En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu, afin d’aider Zélie à administrer la boutique et à gérer les biens.

Zélie se dévoue à ses cinq filles. La petite dernière, Thérèse, naît en janvier 1873. Afin de recevoir une éducation chrétienne, les aînées sont envoyées au pensionnat de la Visitation du Mans. Les soucis ne manquent pas, telles les difficultés scolaires de Léonie ou la santé délicate de Thérèse, à qui il faut trouver une nourrice à la campagne. Si Zélie, femme active et énergique, tient incontestablement une place prépondérante dans le couple, elle ne cesse de louer la bonté paisible de Louis : « C’est un saint homme que mon mari, j’en désire un pareil à toutes les femmes ».

Fervents chrétiens, Louis et Zélie assistent chaque matin à la messe de 5h30. Ils pratiquent le jeûne et la prière en famille, respectent scrupuleusement le repos du dimanche. Ils savent également mettre en pratique leurs convictions : ils visitent les malades seuls, les malades, les mourants ; lorsque l’occasion se présente, ils accueillent un vagabond à leur table et font les démarches pour le faire accepter à l’Hospice d’Alençon. Zélie s’occupe également de ses ouvrières, souvent jeunes et inexpérimentées.

La maladie

En 1876, la maladie frappe la famille Martin. C’est d’abord la sœur de Zélie, la visitandine, atteinte de tuberculose. Durement affectée, Zélie se résout à consulter pour elle-même un médecin en décembre 1876. Le diagnostic ne laisse aucun espoir : la tumeur fibreuse au sein est trop avancée pour permettre une opération. Zélie reçoit lucidement la nouvelle, tandis que Louis est comme anéanti. Isidore, le frère de Zélie devenu pharmacien à Lisieux, lui fait rencontrer un grand chirurgien qui confirme le précédent diagnostic.

Le 24 février 1877, la sœur visitandine de Zélie s’éteint. C’est pour elle un coup terrible d’autant plus que son mal empire. En juin 1877, malgré ses souffrances, Zélie se rend à Lourdes, mais le miracle espéré n’a pas lieu. De retour à Alençon, elle met de l’ordre dans ses affaires et prépare la maisonnée à sa prochaine disparition. Elle reçoit l’extrême-onction le 26 août en présence de Louis et de ses filles, et meurt après deux jours d’agonie le 28 août 1877. Elle est inhumée le 29 août au cimetière d’Alençon, laissant une famille effondrée et cinq filles dont la plus jeune, Thérèse, est âgée seulement de quatre ans et demi.

Les Buissonnets

En novembre 1877, Louis et ses cinq filles s’installent à Lisieux pour se rapprocher d’Isidore Guérin, frère de Zélie, qu’un conseil de famille a désigné subrogé tuteur des enfants. Isidore et son épouse sont en effet persuadés que c’est la solution la plus sage et ils sont parvenus à convaincre Louis, d’abord réticent, de faire ce voyage. Pour accueillir la famille Martin, ils ont trouvé une maison bourgeoise entourée d’un parc : les Buissonnets.

Louis, qui a vendu le commerce familial d’Alençon et vit désormais de ses rentes, se consacre à ses filles, et en particulier à Thérèse, qu’il appelle sa « Reine » et elle son « Roi ». Marie, âgée de dix-sept ans, prend en main le fonctionnement de la maison, avec l’aide d’une domestique. Pauline, seize ans, s’occupe de l’éducation des deux petites, spécialement de Thérèse. Louis, coupé de ses amis d’Alençon, se renferme dans sa solitude : il lit, écrit, médite.

La vie est austère aux Buissonnets, à la différence de la vie animée d’Alençon. Les filles grandissent et les plus jeunes : Léonie, Céline puis Thérèse, font à leur tour leurs études au pensionnat des bénédictines de Lisieux. En 1882, Pauline entre au Carmel de Lisieux, au grand désarroi de Thérèse qui se sent abandonnée. Thérèse en effet, sans doute la plus touchées par la mort de Zélie, est devenue une enfant hypersensible, toujours prête à fondre en larmes. En février 1886, Louis se résout à la retirer de son école et à lui faire donner des leçons particulières. En août 1886, à la surprise de toute la famille, l’aînée des filles, l’indépendante Marie, décide à son tour d’entrer au Carmel de Lisieux. Louis, qui perd sa fille préférée, son « diamant », doit cacher sa peine. C’est également un choc pour Thérèse, dont Marie était devenue la confidente. D’autant qu’en octobre, Léonie se fait admettre au couvent des Clarisses. La chaude atmosphère des Buissonnets est en train de disparaître. Il ne reste autour de Louis que Thérèse et Céline, qui est alors promue maîtresse de maison à dix-sept ans et demi.

Début décembre 1886, Léonie est de retour, la vie des Clarisses est trop éprouvante pour sa santé et, au printemps 1887, elle entre à la Visitation de Caen. Le 1er mai 1887, Louis Martin subit une petite attaque qui le laisse paralysé du côté gauche pendant quelques heures, mais il se tire d’affaire.

Grâce de noël

1887 est une année de profonde transformation pour Thérèse, après la grâce qu’elle a reçue à Noël 1886 et qui l’a fait sortir de l’enfance. La détermination à devenir carmélite grandit en elle, non pour retrouver Marie et Pauline, mais parce qu’elle se sent appelée par Jésus. Le 8 juin 1887, jour de la Pentecôte, après avoir prié toute la journée, elle présente sa requête à son père, dans le jardin des Buissonnets. Louis objecte la jeunesse de sa fille, qui n’a pas encore quinze ans, mais il se laisse vite convaincre. Il ajoute que Dieu lui fait « un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants ».

Thérèse faisant sa demande

On connaît les difficultés que Thérèse devra affronter pour rentrer au Carmel, le voyage qu’elle effectuera à Rome pour obtenir la permission du pape Léon XIII. Les choses vont somme toute assez vite puisque c’est le 9 avril 1888 que Thérèse entre à son tour au Carmel de Lisieux. Louis y a désormais trois de ses filles : Marie, Pauline et Thérèse. Le lendemain, il écrit à ses amis : « Ma petite Reine est entrée hier au Carmel. Dieu seul peut exiger un tel sacrifice, mais il m’aide si puissamment qu’au milieu de mes larmes, mon cœur surabonde de joie ».

Louis malade

Louis n’en a pas moins beaucoup vieilli. Céline écrit à sa jeune sœur : « Ce pauvre petit Père, il me semble maintenant si vieux, si usé… J’ai le cœur déchiré, je me figure qu’il mourra bientôt ». Il commence à souffrir d’artério-sclérose, de crises d’urémie, qui provoquent étourdissements et pertes de mémoire. Le 23 juin 1888, il fait une fugue. On le retrouve au Havre, lucide, mais poursuivi par l’idée de se retirer et de vivre en ermite. C’est un traumatisme pour toute la famille et en particulier pour Thérèse qui culpabilise d’être rentrée au Carmel au moment où son père aurait besoin d’elle. Elle est blessée par les questions et les paroles maladroites de certaines sœurs. Les ragots les plus malveillants parviennent même à franchir la clôture du Carmel : si Louis Martin est devenu fou, n’est-ce pas dû au départ de ses filles en religion, et surtout de la plus jeune qu’il aime tant.

Louis alterne dès lors les périodes de lucidité et les rechutes. Le 10 janvier 1889, jour de la prise d’habit de Thérèse, il est en bonne forme. Il peut descendre la nef au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n’avait été plus beau, plus digne. Il fit l’admiration de tout le monde ». Pourtant le 12 février, c’est le drame : le médecin décide de l’interner à l’asile du Bon Sauveur, à Caen. Il y restera trois ans, étonnant le personnel par sa gentillesse et sa docilité pendant ses longs moments de lucidité. Il accepte la situation avec courage et résignation : « Je sais pourquoi le bon Dieu m’a donné cette épreuve : je n’avais jamais eu d’humiliation pendant ma vie, il m’en fallait une ». Thérèse partage douloureusement l’épreuve de son père. Elle avait toujours vu en lui l’image de Dieu, Père bienveillant : elle le reconnaît maintenant dans le Christ humilié, méprisé de tous. Elle médite longuement sur cette souffrance, étape importante sur son chemin spirituel.

En juin, Isidore Martin, craignant que le malade ne dilapide son patrimoine, obtient de lui un acte de renonciation à la gestion de ses biens et, à Noël 1889, le bail des Buissonnets est résilié, tandis que le Carmel hérite de quelques meubles.

Thérèse novice

Le 24 septembre 1889, âgé de dix-sept ans et demi, Thérèse prononce ses vœux qui, selon le droit de l’époque, sont d’emblée perpétuels. Ce jour de joie et d’aboutissement pour la jeune fille est également « tout entier voilé de larmes », tant elle pleure l’absence de son père.

Le 10 mai 1892, Isidore ramène Louis de Caen à Lisieux, il peut rencontrer ses trois filles carmélites au parloir pour la première fois depuis quatre ans, ce sera aussi la dernière. Il est lucide, mais très amaigri et ne parle pas. On l’installe chez les Guérin, où Céline et Léonie, aidées de domestiques, s’occupent de lui. Sa santé continue de se détériorer et, à la suite de violentes attaques et crises, il meurt le 29 juillet 1894, en présence de sa fille Céline. Il est inhumé à Lisieux le 2 août et, le 14 septembre, Céline rejoint ses sœurs au Carmel de Lisieux.

 

Les  5 filles MARTIN

Vie à la fois ordinaire et extraordinaire que celle des époux Martin. Cinq filles religieuses, dont une sainte connue dans le monde entier. Ils répondirent l’un et l’autre à l’appel à la sainteté à travers une vie simple jalonnée de joies et d’épreuves, une vie portée par une prière constante qu’ils partageaient en famille et en couple, en étant insérés dans la société alençonnaise et dans la vie professionnelle. Ils eurent le souci des plus pauvres, pour lui avec la Conférence Saint Vincent de Paul ou le Cercle Vital Romet et, pour elle, par l’attention qu’elle portait à chacune de ses ouvrières dentellières. La maison Martin, à Alençon, était une véritable Eglise domestique : « L’union était remarquable dans cette famille, soit entre les époux, soit entre les parents et les enfants », devait déclarer l’abbé Dumaine,  vicaire à N.-D. d’Alençon. Et Thérèse confiait : « Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre ». Rien d’étonnant à ce que, dès 1925, à l’occasion de la canonisation de Thérèse, on se soit intéressé à la sainteté de ses parents. Il faudra attendre 1941 pour que l’évêque de Bayeux exprime au Nonce Apostolique Roncalli son espoir de voir introduite la cause des parents Martin.

Texte: Mgr Pierre RAFFIN, évêque de METZ  (illustration de l’homélie : CS.)

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Interview du Père Jean-Claude Lange

Les reliques des bienheureux époux Martin, parents de Sainte-Thérèse de Lisieux, sont à l’église Sainte-Thérèse de Metz du 25 au 28 novembre 2011. Interview du Père Jean-Claude Lange, curé modérateur de la Communauté de Paroisses Saint Chrodegang – Ile et ville nouvelle.

 

Pourquoi avez-vous choisi d’accueillir les reliques des époux Martin à l’église Sainte-Thérèse de Metz ?

Des centaines d’amis et de bienfaiteurs nous demandent chaque année de confier leurs intentions de prière à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte-Face, encore connue sous le nom de Sainte Thérèse de Lisieux. Beaucoup nous disent qu’elle les a toujours accompagnés, soutenus, écoutés, exaucés, protégés…
Beaucoup nous demandent de prier pour des couples en difficulté, des parents qui ne voient plus leurs enfants, des enfants malades, des enfants qui ont perdu la foi, un enfant en prison, etc. Qui, mieux qu’un père et une mère, peut comprendre ces demandes ? D’où l’idée de demander d’accueillir les reliques des Epoux Martin.
Par ailleurs, des couples de la paroisse avaient été à la béatification en 2008 et m’avaient suggéré l’idée de faire venir les reliques.
Enfin, autre raison importante : beaucoup de jeunes couples, avec 4 ou 5 enfants, sont présents et engagés sur la paroisse. Ce temps de vénération d’un couple de bienheureux pouvait être pour eux un temps de grâce.

Des parents béatifiés, une fille canonisée et docteur de l’Eglise, n’est-ce pas exceptionnel ?

La famille Martin est une sainte famille moderne et offre une réponse aux attaques violentes que la famille subit aujourd’hui. Zélie voulait être sainte, elle priait pour que ses filles deviennent des saintes. C’est un couple qui a vécu totalement dans l’amour et qui a produit des fruits merveilleux : même Léonie, la plus difficile des filles Martin, devenue Visitandine, mourra vénérée comme une sainte. Voilà ce que peut faire l’amour de Dieu vécu et partagé… C’est l’amour de Dieu qui est « exceptionnel » ! « Le bon Dieu m’a fait naître en une terre sainte » écrit d’ailleurs Thérèse.

Comment cet événement est-il organisé ?

L’événement s’organise autour des aspects importants de la vie des Martin ou de Thérèse : prière avec les jeunes et les enfants, prière des mères, prière pour les malades, prière pour les vocations avec des parents de prêtres, religieux et religieuses, prière pour les missions avec un groupe d’Africains, bénédiction des époux, bénédiction des enfants, temps d’adoration eucharistique si chère au cœur de Louis Martin  les trois nuits de 22h au lendemain matin 8h.  Il y aura aussi une messe solennelle présidée par Monseigneur Raffin le dimanche 27 novembre à 11h et deux conférences : « Une famille ordinaire » le samedi 26 novembre à 16h et « Une famille extraordinaire » le dimanche 27 novembre à 15h.

Qu’en attendez-vous ?

Nous attendons de l’événement les grâces que le Seigneur voudra bien nous donner encore… sachant que les plus grandes, nous les recevons de l’Adoration Eucharistique, permanente depuis avril 2007. Nous attendons la « réussite » de notre cinquième Parcours Alpha qui commencera le 12 janvier 2012, et puis pourquoi pas, que l’église Sainte-Thérèse devienne l’église de la famille Martin.

Que signifie, dans le monde d’aujourd’hui, la démarche de vénérer des reliques ?

Certains nous demandent ce que contient le reliquaire. Il s’agit des restes des Epoux Martin. Mais peu importe. Nous n’accueillons pas des ossements, mais des amis, un couple, une famille sainte qui peut nous accompagner sur le chemin de la sainteté.

Article publié par Stéphane paru sur le site du Diocèse

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La vénération des reliques des bienheureux Louis et Zélie Martin, 

parents de sainte Thérèse, à l’église sainte Thérèse de Metz  


Louis et Zélie Martin n’ont pas été béatifiés,  le 19 octobre 2008; parce qu’ils ont donné cinq religieuses à l’Eglise, dont une sainte, mais parce que,  dans leur vie d’époux et de parents, ils ont donné le témoignage d’une vie chrétienne exemplaire. Leur vie fut tout ordinaire, celle d’époux chrétiens qui ont élevé leurs enfants tout en travaillant beaucoup tous les deux. Ils ont connu les joies et les peines de toutes familles, mais dans leur couple tout est amour : amour de Dieu, amour de leur enfants, amour des autres. Thérèse écrit à l’abbé BELLIERE :  « Le bon Dieu m’a donné un père et une mère plus digne du ciel que de la terre ».  Et dans une lettre au Père ROULLANT, elle parle du « ciel vers lequel tendaient toutes leurs actions et tous leurs désirs. Leur vie est comme un catéchisme de la vie de famille.

« Alors qu’autour de nous, et peut-être chez nous, divorces, déchirures familiales se multiplient, que le concept même de la famille est remis en cause par certains, accueillons une des réponses d’amour de Dieu face à cette crise : la famille MARTIN. Elle est un don de Dieu pour notre temps. »

(Hélène MONGIN, » prier 15 jours avec Louis et Zélie MARTIN »)

     Consulter le programme

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Prières

Prière pour la canonisation

Neuvaine avec Louis et Zélie MARTIN

Litanies de Louis et Zélie Martin

Consulter la page prières en cliquant sur ce lien

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Conférences sur le couple

Trois conférences

  • Dans le prolongement de ces journées de prière autour du couple MARTIN, la paroisse sainte Thérèse propose un cycle de trois conférences.

 

Vidéos et diaporamas

 la vie de  Louis et Zélie Martin

Reportage sur les bienheureux époux Martin, dont leur fille Thérèse disait qu’ils étaient des parents « plus dignes du Ciel que de la terre ».


Louis et Zélie Martin par KTOTV

Le P. Lange va chercher les reliques de Louis et Zélie à Lisieux


week-end : la vénération des reliques de Louis et Zélie Martin


L’accueil des reliques de Louis et Zélie sur la paroisse

 

La catéchèse du P. Jean-Claude LANGE : aux enfants à partir des images du reliquaire (vidéo – durée  : 4 minutes)

Louis et Zélie Martin par Mgr P. RAFFIN évêque de Metz : écouter l’homélie de la messe

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 Mp3:Témoignages de paroissiens

Microreportage de Paul KEIL -  « Accueil des reliques des époux Martin à Sainte-Thérèse » par radio Jéricho – interview : Reliques version longue

 

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